A propos

Le corps de peinture est élaboré à partir de peinture pour le bâtiment, cette peinture qui accompagne notre quotidien, cette peinture omniprésente qui fait corps quand elle se métamorphose et se désolidarise de son support.

Le corps de peinture est l’expérience physique d’un récit imaginaire, c’est pourquoi la photographie et la vidéo accompagnent très souvent sa présentation .

C’est dans une estampe polychrome de Suzuki Haronobu, Hotei sorti de la peinture, que l’on peut trouver une illustration des questions posées par l’incarnation de la peinture.

47525Suzuki Haronobu
Hotei sorti de la peinture
Époque d’Edo (1766-1768)
Estampe polychrome (27,2 x 19,9cm)
Musée national des arts asiatiques-Guimet

 Hotei est une figure majeure, dans la tradition populaire, en Asie qui représente la générosité, la fortune et l’abondance. Cette image le peint sortant de l’estampe  dans laquelle il est représenté pour venir soulever l’étoffe qui recouvre le sexe d’une courtisane endormie. L’élément qui nous fait comprendre qu’il sort des bords de l’estampe est une traîne blanche qui dessine le chemin parcouru par la figure du Dieu entre l’espace qu’il occupait dans le cadre  exposé sur le mur en arrière de la scène et l’espace qu’il occupe désormais à coté de la courtisane.
De quoi est faite cette traîne ? Quelle place a, désormais, la figure du dieu ? Corps incarné et charnel ? Corps figuré ?  Fantasme de la courtisane ? Rêve de l’écriture ? Espace vide et fantomatique ou peinture blanche de l’incarnation ? corps mort ?

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Tintoret, Mars et Vénus surpris par Vulcain, c. 1550
Huile sur toile, 140 x 197 cm
Alte Pinakothek, Munich

Le geste du bouddha rieur  nous rappel le Vulcain de Tintoret. A ceci près que là où il y avait dématérialisation, la traîne qui relit l’image en arrière-fond, le reflet du miroir, et le mouvement de vulcain est, ici, représentée comme une toile lourde couleur de l’incarnat.

La peinture, dans ces deux images est matière à métamorphose, dialogue des corps de la peinture ou des corps de peinture.

 


 

Thibaut Thorez-Debrucq est né en 1971. Il travaille en France entre Grenoble et Marseille. Son parcours d’étude lui permet de résider à Manchester où il est l’étudiant de Paul Haywood, professeur à la Middlesex Université de Londres avec lequel il part en résidence à Sighisoara en Roumanie et qui lui permet de développer sa réflexion sur le corps de peinture dans les meilleures conditions. Sa première exposition personnelle a lieu à Salford dans l’agglomération de Manchester où il est invité par the school of Art and Design en 2011. C’est en 2010 qu’il connaît le travail de Jonathan Richard à Édimbourg dont la pratique rejoint ses questions sur la peinture.